Choisir une blockchain pour un projet NFT

Depuis déjà quelques mois, TheCodingMachine est souvent sollicitée pour des projets au sein de l’écosystème blockchain et NFT. Notre filiale Workadventu.re évolue aussi au sein de l’écosystème du metaverse, et a donc aussi dû analyser les différents enjeux relatifs à la création puis la vente de NFT.

Vous trouverez dans cet article quelques conseils pour vous aider à choisir une blockchain avant de lancer votre projet NFT.

En effet, lorsqu’il s’agit de lancer un projet NFT, il est crucial de bien comprendre la blockchain sur laquelle les transactions seront enregistrées. C’est le registre qui permettra de certifier la propriété de votre NFT puis d’enregistrer l’ensemble des transactions. Si on devait faire un parallèle, la blockchain est comme un notaire qui sert de tiers de confiance pour certifier la propriété d’un actif digital, puis les transactions qui y sont associées.

Cependant, le parallèle s’arrête là car chaque blockchain à ses propres spécificités qui auront un impact sur les coûts de votre projet donc la rentabilité de votre business model. Ces coûts peuvent aussi limiter votre capacité à acquérir une clientèle.

Nous vous proposons donc de récapituler les principales caractéristiques des différentes blockchain que vous devrez comprendre avant de lancer votre projet NFT. Cette analyse reste pertinente que vous développiez directement votre projet sur une blockchain ou que vous utilisiez une solution en marque blanche (comme Open Sea par exemple) qui va être compatible ou non avec différentes blockchains.

Avant de rentrer dans le concret et de choisir une blockchain, découvrez dans l’infographie ci-dessous un rapide résumé des questions à se poser.

Choisir une blockchain pour votre projet NFT ?
Quelle blockchain pour votre projet NFT ?

Une crypto-monnaie

Par principe, toute transaction enregistrée dans une blockchain doit s’effectuer contre le paiement dans la crypto-monnaie associée. Choisir une blockchain, c’est donc choisir sa crypto-monnaie, les fluctuations de son cours, sa popularité, …

Même si un paiement s’effectue en devise classique (dollar ou euro), l’enregistrement sera toujours facturé en crypto-monnaie. Les plateformes NFT permettant un paiement en devise classique, reposent donc sur une logique sous-jacente de trading car il faut échanger les devises classiques contre des crypto-monnaies pour pouvoir enregistrer les transactions. Or, effectuer un tel trading est extrêmement risqué vu la volatilité du secteur, cela est donc réservé à des spécialistes comme par exemple Coinbase qui a annoncé lancer bientôt sa marketplace NFT.

Un mode de gouvernance

Avant de choisir une blockchain, vous devez comprendre les différents modes de gouvernance.
Le mode de gouvernance désigne une manière propre d’enregistrer des transactions dans le registre : on parle de proof of work, de proof of stake ou même de proof of history. Chaque mode de gouvernance va venir influencer :

  • Le coût d’enregistrement d’une transaction : celui-ci est intimement lié aux enjeux de performance décrit dans le paragraphe suivant.
  • L’énergie que cela consomme : ce qui influence directement le coût et peut représenter un critère d’analyse dans une démarche environnementale.
  • La sécurité globale du système : bien que réputée infaillible, la blockchain ne l’est pas totalement en théorie, et chaque mode de gouvernance vient avec une théorie spécifique. Par exemple, dans le cas de la proof of work, il y a une faille possible si un acteur parvient à contrôler plus de 50 % de la puissance globale de calcul du réseau (il s’agit d’une puissance de calcul colossale mais cela est déjà arrivé).

Pour en savoir plus sur la définition de proof of work, proof of stake, proof of history :

Le principe fondamental est que pour mettre à jour la liste des transactions dans une blockchain, il faut résoudre un « block » c’est-à-dire un problème cryptographique nécessitant simplement de la puissance de calcul. Les différents modes de gouvernance font varier les règles du jeu :

  • Proof of work : c’est le premier mode de gouvernance inventé historiquement pour le bitcoin. Tout le monde essaie en même temps de résoudre le problème (le block). Le premier à y parvenir est celui qui met à jour les transactions et qui est récompensé en crypto pour ce travail (c’est ce qu’on appelle « miner »). Le problème est que ce mode de gouvernance gaspille énormément de puissance de calcul et donc d’électricité car tout le monde essaie de résoudre le problème alors qu’un seul acteur du réseau suffirait.
  • Proof of stake : dans ce mode de gouvernance, l’ensemble des acteurs va confier la résolution d’un block à un unique acteur du réseau, qui en contrepartie doit déposer des crypto-monnaies en tant que caution (stake). Ce mode de gouvernance est donc bien moins consommateur d’énergie, soit plus économique et plus écologique. C’est pour cela que Ethereum est en train d’évoluer pour passer de la proof of work à la proof of stake (une mise à jour majeure appelée « Docking »).
  • Proof of history : la proof of history est particulièrement connue pour la blockchain Solana. Un des problèmes du réseau blockchain est que pour déterminer qui a résolu en premier un « block », encore faut-il que l’ensemble du réseau ait la même heure. Ce travail de synchronisation de l’heure entre les différents nœuds du réseau a pendant longtemps pesé sur les performances. La proof of history permet d’horodater et de crypter les événements du réseau afin de vérifier le temps des transactions de manière asynchrone et distribuée pour gagner en performance.

Une performance en nombre de transactions par seconde

Depuis l’apparition de la blockchain, la problématique de scalabilité (accroissement) du nombre de transaction a été le défi technologique majeur pour une généralisation de son usage. A titre d’exemple, en février 2022, Ethereum est limité à 7-15 transactions par seconde, ce qui limite grandement son potentiel pour un usage généralisé en finance ou en logistique. Dans le cas des plateformes NFT basées sur Ethereum, c’est ce faible nombre de transactions par seconde qui va engendrer des frais importants de création et de vente de NFT.

Ainsi, choisir une blockchain performante est le meilleur moyen de réduire ses frais de transactions.

Une façon de rédiger des “smarts-contracts”

De la même manière que les pays ont des règles et des langues différentes pour rédiger des contrats, chaque blockchain va reposer sur des langages différents pour définir des types de transactions.

Par exemple, si vous souhaitez définir et effectuer des ventes aux enchères sur différentes blockchains, il sera nécessaire de coder le « smart-contract » qui va régir le fonctionnement de cette vente aux enchères selon les codes et le langage de cette blockchain. En pratique cela s’assimile à un langage de programmation comme Solidity pour Ethereum.

Ce qu’il faut retenir, c’est que pour pouvoir effectuer des transactions sur plusieurs blockchains différentes, il faut développer potentiellement autant de « smart-contracts » différents dans des langages différents (comme s’il fallait rédiger des contrats juridiques dans différentes langues pour différents pays).

Un écosystème technologique

Comme les blockchains vont nécessiter des langages différents pour rédiger des « smart-contracts » ou de manière plus large des applications. Chaque blockchain va avoir son propre écosystème technologique constitué d’applications spécifiques fournissant des services particuliers.

L’exemple le plus parlant est celui des crypto-wallets permettant de stocker des actifs digitaux, chaque crypto-wallet n’est compatible qu’avec un certain nombre de blockchain.

Lors du choix d’une blockchain, il faut donc être vigilant à la maturité de l’écosystème technologique et à sa pertinence par rapport à votre besoin. La richesse et la diversité de son écosystème est la raison principale par laquelle Ethereum domine aujourd’hui le marché.

Une communauté !

La technique c’est bien, mais dans un secteur en pleine ébullition, il ne faut pas oublier que c’est avant tout le support de la communauté, autant côté développeurs qu’utilisateurs, qui est garant de la viabilité d’une blockchain à long terme et de son écosystème. Bien évidemment, cela vient aussi jouer sur les cours de la crypto-monnaie associée, la boucle est ainsi bouclée …

Une autre Blockchain ???

Et oui parfois une blockchain repose sur une autre blockchain, on parle alors de “Layer 2” ou même parfois de “Layer 3”. Par exemple, Polygon (associé à la crypto MATIC) est une blockchain de Layer 2 basée sur la blockchain Ethereum. Concrètement, cela signifie que vous allez devoir vous poser l’ensemble des questions précédentes à deux niveaux différents.

En conclusion

Initialement, choisir une blockchain unique sur laquelle baser sa plateforme NFT est un choix complexe et stratégique. Développer sa plateforme directement sur la blockchain nécessite de définir ses propres “smart-contracts” ce qui nécessite des ressources de développement spécialisées. De plus, élargir sa plateforme à d’autres blockchains (et donc d’autres crypto-monnaies pour les transactions) est une tâche complexe qui nécessite à chaque fois des développements spécifiques dans des langages potentiellement différents. Cette approche est donc essentiellement réservée aux start-ups technologiques souhaitant valoriser leur solution auprès d’investisseurs.

Si vous souhaitez simplement atteindre une nouvelle clientèle et générer rapidement des nouveaux revenus, nous vous recommandons d’utiliser des solutions plus simples qui sont diffusées en marque blanche comme Open Sea ou Venly. Elles ont aussi l’avantage d’être directement compatibles avec une ou plusieurs blockchains, ce qui permet de limiter le risque et de réduire le time-to-market.

Si vous souhaitez en discuter, n’hésitez pas à nous faire signe !


par TheCodM

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